Usages

Intelligence Artificielle (IA)

Arts plastiques et IA

Produire, créer Graphisme et dessin

Le portail pédagogique académique d’Orleans-Tours nous propose un retour d’usage de l’utilisation de l’IA dans le cadre de l’enseignement des arts plastiques.

Niveau de classe visé

Cette séquence s’adresse à des élèves de cycle 4, niveau 3ème, dans le cadre de l’enseignement des arts plastiques. Elle s’inscrit en début d’année scolaire et mobilise à la fois des pratiques graphiques, picturales et numériques. Elle permet d’aborder des notions fondamentales telles que la représentation, la matérialité de l’œuvre et la relation entre réalité et fiction, tout en intégrant une réflexion sur les usages contemporains du numérique et de l’intelligence artificielle dans la création artistique.

Modalités d’utilisation

La séquence repose sur un travail en binôme, mené sur quatre séances, avec l’appui d’outils numériques (tablettes, IA génératives d’images et de texte). Les élèves alternent des phases de recherche, d’analyse, de production et de verbalisation.

L’intelligence artificielle est utilisée comme outil de création artistique, permettant de transformer un texte (le récit d’un rêve) en image. L’usage de ces outils s’inscrit dans une démarche encadrée, visant à développer à la fois des compétences techniques, créatives et critiques.

Description de la mise en œuvre

  • Séance 1 : Immersion culturelle centrée sur le surréalisme
    Les élèves découvrent les fondements de ce mouvement artistique, notamment le rôle des rêves et de l’inconscient dans la création. À travers des références artistiques et un apport théorique (inspiré notamment des travaux de Freud), ils prennent conscience des liens entre imagination, inconscient et production artistique. Cette étape pose les bases conceptuelles nécessaires à la suite du travail.
  • Séance 2 : Transition vers la pratique
    Les élèves analysent plusieurs œuvres surréalistes afin d’identifier leurs caractéristiques récurrentes : transformations d’objets, situations incongrues, déformations, juxtaposition d’éléments inattendus ou encore altération du temps et de l’espace. À partir de cette analyse, ils apprennent à traduire une image en mots en élaborant des prompts, c’est-à-dire des descriptions textuelles destinées à guider une intelligence artificielle. Ce travail de formulation est essentiel, car il engage les élèves dans une réflexion sur la précision du langage et sur le lien entre intention artistique et production visuelle. En prolongement, un travail à la maison leur est demandé : inventer plusieurs rêves et les formaliser sous forme de prompts intégrant des codes surréalistes.
  • Séance 3 : Mise en œuvre pratique avec l’intelligence artificielle
    En binômes, les élèves utilisent leurs prompts pour générer des images à l’aide d’outils numériques. Ils expérimentent alors directement l’impact de leurs choix lexicaux sur les résultats obtenus. Cette phase repose sur une démarche d’essai-erreur, où les élèves peuvent ajuster leurs formulations pour affiner les images produites. Un temps important est dédié à l’observation et à l’analyse des productions : les élèves comparent les images générées avec leurs intentions initiales et avec les œuvres surréalistes étudiées. Ils s’interrogent sur la capacité de la machine à produire de l’étrangeté, sur la présence (ou non) de l’inconscient, et sur les limites de l’outil.
  • Séance 4 : Temps de restitution et de verbalisation
    Les élèves présentent leurs productions à la classe et expliquent leur démarche. Ils analysent en quoi leurs images traduisent l’« inquiétante étrangeté » propre au surréalisme. Ce moment permet de développer des compétences orales et réflexives, tout en favorisant l’échange entre pairs. La discussion s’élargit ensuite à des questions plus théoriques : le rôle de l’intelligence artificielle dans la création, la notion d’auteur, ou encore la capacité d’une machine à « penser », en lien avec les travaux d’Alan Turing.
Fiche pédagogique - PDF - 157.2 kio

Fiche de l’enseignant présentant ces 4 séances intégrant l’IA à son programme autour du surréalisme.

Impact et plus-value de cet usage

Cette séquence présente une forte plus-value pédagogique en articulant pratiques artistiques traditionnelles et outils numériques contemporains :

  • Elle permet aux élèves de s’approprier des notions complexes comme l’inconscient, la création artistique ou la représentation, en les expérimentant concrètement.
  • L’utilisation de l’intelligence artificielle favorise l’engagement des élèves, en introduisant une dimension innovante et motivante. Elle les place dans une posture active de créateurs, tout en développant leur esprit critique face aux productions générées.
  • La démarche de transformation d’un rêve en image, via le langage du prompt, renforce également des compétences transversales importantes : formulation, précision lexicale, structuration de la pensée. Les élèves prennent conscience que la qualité du résultat dépend directement de la qualité de leur réflexion initiale.
Cette séquence ouvre une réflexion essentielle sur la place du numérique dans l’art contemporain, en questionnant les notions d’originalité, d’intention artistique et d’auteur. Elle contribue ainsi à former des élèves à la fois créatifs, éclairés et capables de prendre du recul sur les outils qu’ils utilisent.

Retrouvez l’ensemble de l’expérimentation sur le site de l’académie d’Orléans-Tours.

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