Usages

Intelligence Artificielle (IA)

Représenter le temps en images

Produire, créer

Christian Grondin sur le site académique arts plastiques de Versailles nous propose une expérience d’utilisation de l’intelligence artificielle pour générer des images.

Niveau de classe visé

Cette séquence a été menée avec des élèves de 4ᵉ, dans le cadre d’un enseignement artistique croisant arts plastiques, culture numérique et réflexion critique sur l’image. Elle s’inscrit dans une démarche de création et d’analyse visant à interroger les notions de narration visuelle, de temporalité et de production d’images à l’ère de l’intelligence artificielle.

Modalité d’utilisation

L’intelligence artificielle est utilisée ici comme outil de création et de recherche iconographique, et non comme producteur autonome de sens. Les élèves mobilisent des générateurs d’images par IA (Lexica.art et Crayion) afin de concevoir une narration visuelle composée exclusivement d’images générées ou préexistantes issues de ces outils.

L’IA devient ainsi un médium au service d’un projet artistique réfléchi, intégré à une démarche narrative construite et analysée collectivement.

Description de la mise en œuvre

La séquence, intitulée « Narration visuelle, narration artificielle », propose aux élèves de créer une histoire donnant à voir le passage du temps uniquement par l’image. La contrainte est double : travailler sans texte narratif explicite et utiliser exclusivement des images issues de banques d’images générées par intelligence artificielle ou produites par IA à partir de prompts rédigés par les élèves.
La mise en œuvre s’est articulée en plusieurs temps pédagogiques complémentaires :

  • Temps 1 : Réflexion collective et problématisation

La séquence débute par un temps de réflexion coopératif autour de trois axes fondamentaux : la narration visuelle, la représentation du temps et le lien entre intelligence artificielle, temporalité et émotions. Les élèves sont invités à confronter leurs idées, à formuler des hypothèses et à mobiliser leurs références culturelles (cinéma, bande dessinée, manga, photographie, réseaux sociaux). Ce travail donne lieu à la réalisation d’une carte mentale collaborative, permettant de structurer les notions abordées et de faire émerger des pistes narratives possibles.

  • Temps 2 : Conception du projet narratif

Les élèves élaborent ensuite un storyboard, étape essentielle pour penser la narration avant la production des images. Ils doivent anticiper la succession des images, le rythme, les ellipses, les répétitions ou les variations visuelles permettant de suggérer le passage du temps. Ce travail préparatoire amène les élèves à réfléchir à la cohérence narrative et à la lisibilité du récit visuel.

Parallèlement, un travail spécifique est mené sur l’écriture des prompts. Les élèves apprennent à formuler des consignes précises pour guider la génération des images : choix des décors, des personnages, des ambiances lumineuses, des saisons ou des expressions. Cette étape met en évidence le rôle actif de l’élève dans la création et la nécessité d’un langage précis pour orienter la production de l’IA.

  • Temps 3 : Production numérique

En salle informatique, les élèves utilisent les outils Lexica.art et Crayion pour générer ou rechercher les images nécessaires à leur narration. Ils expérimentent les limites techniques des outils, ajustent leurs prompts, comparent les résultats obtenus et sélectionnent les images les plus pertinentes. Les productions finales prennent des formes variées (bande dessinée, séquence animée, narration en diapositives), selon les choix artistiques des élèves.

  • Temps 4 : Verbalisation et analyse critique

La séquence se conclut par un temps de présentation orale et de verbalisation. Les élèves sont invités à expliciter leurs intentions, à analyser les procédés utilisés pour représenter le passage du temps et à identifier les limites rencontrées lors de la génération des images. La discussion s’ouvre également sur une réflexion critique :

l’IA est-elle capable de retranscrire des émotions liées au temps qui passe ?
Quels écarts observe-t-on entre l’intention initiale et les images produites ?

Impact et plus-value de l’usage

Cette séquence met en évidence plusieurs apports pédagogiques majeurs. L’utilisation de l’IA favorise d’abord l’engagement des élèves, en leur donnant accès à des outils contemporains qui interrogent directement leur culture visuelle. Elle développe ensuite des compétences essentielles :

  • structuration d’un récit visuel,
  • anticipation narrative,
  • précision du langage,
  • analyse critique des images.

L’IA agit comme un révélateur des limites de la machine face à l’émotion et à la subjectivité :

les élèves prennent conscience que la narration et la sensibilité artistique restent profondément humaines.

Enfin, le temps de verbalisation permet de renforcer la métacognition, en amenant les élèves à réfléchir sur leurs choix, leurs réussites et les contraintes de l’outil.

Retrouvez l’ensemble de sa démarche sur le site arts plastiques de l’académie de Versailles.

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