Usages

Intelligence Artificielle (IA)

Analyse critique des IA génératives dans l’EPI « Information et environnement »

Explorer, rechercher, enquêter Produire, créer

Cécile Paoli, professeure documentaliste et Valérie Adam, professeure de Sciences de la Vie et de la Terre au collège Jean Lurçat à Achères, nous proposent un retour d’expérimentation autour de l’IA.

Niveau de classe visé

La séquence est menée auprès de l’ensemble des classes de 3ᵉ générale, dans le cadre de l’enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) « Information et environnement ». Ce niveau est particulièrement pertinent : les élèves sont déjà initiés à la recherche documentaire, commencent à maîtriser les enjeux environnementaux étudiés en sciences de la vie et de la terre (SVT), et développent dans le même temps les compétences d’analyse critique requises en éducation aux médias et à l’information (EMI). L’activité s’inscrit dans la progression annuelle et constitue un approfondissement important de leurs pratiques numériques.

Modalité d’utilisation

L’IA générative est ici utilisée comme objet d’étude, et non comme outil de production. Les enseignants ont volontairement choisi de ne pas faire manipuler d’IA aux élèves afin de :

  • limiter l’empreinte environnementale des requêtes, cohérente avec la thématique de l’EPI ;
  • respecter la réglementation sur les données personnelles ;
  • disposer de réponses contrôlées dont le contexte d’élaboration est transparent.

Deux réponses produites en amont par une IA conversationnelle – avec le prompt utilisé, la date et l’outil – sont fournies aux élèves. Elles servent de support d’analyse critique en classe. L’usage du numérique se fait via la plateforme ÉLEA, nuage.apps.education et l’accès par QR code pour consulter les documents.

Description de la mise en œuvre

La séquence s’organise en trois étapes complémentaires, articulant travail à distance et analyse critique en présentiel.

Phase 1 : Travail préparatoire à distance (via ELEA)

Avant la séance, les élèves réalisent un parcours autonome comprenant :

  • un jeu d’appariement visant à introduire progressivement le vocabulaire essentiel : algorithme, modèle génératif, données d’entraînement, empreinte carbone numérique… ;
  • un texte à trous à compléter à partir d’un article de l’agence de la transition écologique (ADEME) sur les bonnes pratiques permettant de réduire l’impact environnemental des IA.

Cette activité sert de socle de connaissances pour la séance suivante : elle assure que tous les élèves possèdent des bases solides avant d’entrer dans l’analyse des réponses produites par l’IA.

Phase 2. Analyse critique des réponses d’IA en classe entière

En classe, les élèves reçoivent deux documents :

  • une réponse de l’IA à la question : « Les IA génératives sont-elles un atout pour le climat ? »
  • une seconde réponse à la question : « Les IA génératives sont-elles un danger pour le climat ? »

Chacune est accompagnée de son prompt d’origine, afin de comprendre comment la formulation conditionne les contenus générés. À l’aide d’une fiche de consignes et d’une fiche d’indices, les élèves comparent les deux productions en examinant :

  • le ton du texte (optimiste, alarmiste, neutre) ;
  • la sélection des arguments ;
  • les manques éventuels ;
  • la cohérence avec les informations étudiées en amont ;
  • les mécanismes de reformulation ou de généralisation utilisés par l’IA.

L’objectif est de faire émerger une idée centrale : l’IA ne répond pas de façon neutre, mais structure sa réponse en fonction des mots employés par l’utilisateur. Les élèves prennent ainsi conscience de l’importance du questionnement, de la précision des termes et du regard critique sur les productions d’IA.

3. Synthèse collaborative (devoir à rendre)

En fin de séquence, les élèves travaillent en petits groupes pour produire une synthèse sous un format libre : texte argumenté, tableau comparatif, carte mentale ou infographie.
Leur production doit tenir sur un recto A4 et s’organiser autour de trois axes :

  • avantages des IA génératives (innovation, efficacité, accès facilitée à l’information…).
  • inconvénients (consommation énergétique, biais, fiabilité limitée…).
  • recommandations pour un usage raisonné et critique.

Ce travail permet de réinvestir les acquis de la séquence et de renforcer l’interdisciplinarité SVT/EMI.

Impact et/ou plus-value de cet usage

La séquence a suscité un fort engagement de la part des élèves, stimulés par l’actualité du sujet et par l’analyse concrète de documents produits par l’IA. Les bénéfices observés sont multiples :

  • développement de l’esprit critique : les élèves comprennent l’importance du prompt et découvrent que l’IA structure ses réponses selon l’orientation donnée.
  • sensibilisation environnementale : ils prennent conscience de l’impact écologique des usages numériques, un angle souvent méconnu des élèves.
  • renforcement de la posture responsable : ils apprennent qu’utiliser une IA n’est pas neutre, et qu’un usage raisonné est nécessaire.
  • construction de compétences transversales : organisation du travail, coopération, synthèse, analyse de documents.
  • évitement des dérives : en confrontant les élèves aux limites de l’IA, la séquence réduit la tentation de l’utiliser pour produire des travaux sans réflexion personnelle.

L’expérience a été très positive, et les enseignants prévoient de renouveler la séquence en approfondissant les aspects éthiques et les usages responsables des IA génératives.

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